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L'entreprise, si loin et si proche

Le télétravail, un outil d'aujourd'hui avec lequel beaucoup ont du mal à se familiariser. Explications et mise à jour.

Patrick Ehme

Il ne faut pas mélanger vitesse et précipitation, pas plus qu'il ne faut rêver du travail à temps complet à la maison. Le mythe du télétravail comme moyen de pouvoir enfin travailler dans son fauteuil et en pantoufles, être maître de son rythme et de son emploi du temps n'est pas pour demain. Pas plus qu'il n'entre dans les critères définis par l'accord national interprofessionnel (ANI), conclu en 2005, qui fixe les règles de ce nouveau mode de fonctionnement.

Une pratique très encadrée

Ainsi par télétravail ne faut-il pas entendre travail à la carte mais plus pragmatiquement les tâches qui, grâce à l'utilisation de matériel adapté peuvent être temporairement effectuées en dehors des locaux de l'entreprise comme si on y était. Un distinguo que s'est efforcé d'éclairer le symposium, organisé, hier soir, dans les locaux du Pôle de ressources et d'accompagnement aux technologies de l'information et de la communication (PRATIC) à La Pardieu, à Clermont-Ferrand.
Distinguer aussi les différentes formes que l'exercice peut prendre et que, de fait, certains pratiquent déjà. À commencer par les « nomades » que sont les commerciaux, certains ingénieurs ou cadres d'entreprise appelés à travailler un peu partout en France, en Europe ou dans le monde. Pour le reste, il s'agit d'un travail à distance qui ne peut se faire qu'en alternance avec une présence effective sur le lieu de travail. Un jour sur deux par semaine dans la majeure partie des cas, ou, une semaine par mois. Un changement de méthode « inéluctable » pour Philippe Planterose, président de l'Association française de télétravail et des téléactivités. « L'homme a de tout temps eu besoin de se déplacer pour travailler. De sa maison à son champ, tout d'abord, puis de son champ vers les villes Aujourd'hui il se doit d'être en contact avec des zones beaucoup plus vastes, il lui faut donc des outils et des possibilités pour le faire. »

Une nécessité qui ne fait pourtant pas loi dans les esprits latins. L'Espagne, la France, l'Italie et le Portugal sont les pays européens les moins ouverts à ce nouveau mode de fonctionnement : à peine 8 à 12 % d'entreprise l'ayant adopté contre 35 à 40 % en Belgique, en Suède ou aux Pays-Bas. Preuve que, pour frondeurs qu'ils puissent souvent paraître, les employés sudistes semblent attachés à leur encadrement, tout comme leurs employeurs au besoin de garder leurs troupes sous la main.

Dans notre région, outre une expérimentation, a priori fructueuse, conduite chez Michelin, seulement 5 % des entreprises de moins de cent salariés envisagent un passage à l'acte télétravaillé. « Alors qu'aujourd'hui, en France, 50 % des actifs pourraient s'y adonner. Cela implique un changement de management, basé autant sur l'objectif que sur la confiance. » Un changement de cap que peu semblent prêts à opérer.

« C'est pourquoi sont développés des télécentres, tels le projet Macéo poursuivi dans le Puy-de-Dôme et le Cantal, afin d'offrir un environnement professionnel et des services mutualisés à tous ceux qui craignent d'être désorientés. »

 

Source : La Montagne

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